samedi 29 avril 2017

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Historique du 13ème régiment de dragons

En bref…

Le 13ème Dragons, créé en 1676, il y a 340 ans !

A ce jour, il a servi la France pendant 288 ans… dont 113 ans sous l’Ancien Régime jusqu’en 1789, 26 ans sous la Révolution et le 1er Empire (jusqu’à sa dissolution en 1815), 13 ans sous le 2nd Empire et 138 ans sous la République.

En 1857, il est recréé comme « Dragons de l’Impératrice », puis 13ème Dragons en 1870.

En 1936, il est mécanisé et aura donc servi 218 années à cheval !

En 1940, au terme de la Campagne de France où il se distingue, il est à nouveau dissous pour être recréé en 1944 et se battre sur les poches de l’Atlantique.

Dissous à nouveau en 1946, il est recréé en 1952 comme régiment parachutiste, mais sur engins blindés à Castres.

En 1955, il reverse ses chars (il aura servi 9 années sur blindés dont 3 comme « aéroporté ») et perçoit des jeeps et des automitrailleuses AM-M8 puis des FERRET avec lesquelles il part en Algérie d’où il rentre en 1962 à Castres où il reste jusqu’en 1963.

Il aura donc servi 8 années en engins de reconnaissance.

Depuis le 1er juillet 1963, où il est muté à Dieuze en Lorraine où il devient « régiment de recherche [à participation] interarmes », puis le 1er juillet 2011 au Camp de Souge en Aquitaine, il aura servi 53 ans dans cette mission dont 25 ans en permanence en opérations extérieures depuis la fin de la « guerre froide » !

 

Ancien Régime, Révolution et Empire

Créé en 1676, en Languedoc, sous le règne de Louis XIV par le Marquis de Barbezières,
il porte les noms de ses Mestres de Camp successifs.

Il participe aux campagnes d'Allemagne, de Flandres et d'Italie où il se distingue à Crémone

Sous LOUIS XV, il combat en Espagne, en Allemagne et en Flandres et est présent à la bataille de Fontenoy en 1745, où il est commandé par le Comte d'EGMONT ;

puis il sert en Bretagne avec à sa tête le Marquis de MARBEUF et combat à Saint-Cast en 1758, pour refouler les Anglais à la mer.

Il devient « 13ème régiment de dragons » en 1791, il est à l'Armée de Belgique sous les ordres de DUMOURIEZ ; il participe aux batailles de Valmy et de Jemmapes en 1792, où il est commandé par le colonel MURNAND, et à celle d'Hohenlinden en 1800, sous les ordres du colonel LEVASSEUR.

Sous l'Empire, il fait les campagnes d'Autriche, de Prusse, de Pologne, du Portugal et d'Espagne ; il est à Austerlitz en 1805, à Iéna en 1806 et à la Moskowa en 1812.

Devenu « Dragons de Condé » après la 1ère abdication, il redevient 13ème Dragons lors des Cent Jours et participe au dernier combat contre les Prussiens à Rocquencourt.
Il est licencié en 1815.

Second Empire - Dragons de l'Impératrice

En décembre 1855, l'Empereur NAPOLEON III décide la formation du « Régiment des Dragons de la Garde Impériale », reprenant les traditions des dragons du Premier Empire.L'existence est effective le 1 juillet 1856 et le régiment est placé sous le commandement du colonel CRESPIN.

Le 1 janvier 1857, l'Empereur décide que le « Régiment des Dragons de la Garde Impériale » prendra la dénomination de : « Régiment des Dragons de l'Impératrice ».

Le 7 mai, au cours d'une prise d'armes grandiose, sur le champ de Mars à Paris, NAPOLEON III remet l'aigle au colonel CRESPIN qui le présente à l'Impératrice EUGENIE. Le régiment participe à la campagne d'Italie, où il présent à Solférino puis lors de la guerre franco-prussienne, au combat de Mars-la-Tour en 1870. Il charge victorieusement à Rezonville le 16 août 1870.

Le régiment est englouti dans la capitulation de Metz. La Garde est dissoute.

Le 13ème régiment de dragons

A leur libération, les dragons de l'impératrice, reforment le « 13ème régiment de dragons », à partir du 4 février 1871. Avec les traditions propres au « 13 », ils apportent toutes celles des traditions des « Dragons de l'Impératrice ».

Successivement en garnison à Compiègne, Joigny et Lure, il rejoindra Melun en 1913.

La guerre de 1914-1918

Le 1 août 1914, le 13ème Dragons qui fait partie de la 7ème Division de Cavalerie embarque pour Commercy en vue de couvrir le flanc droit de la 3ème Armée (RUFFEY) face à la Woëvre. Combats de Malavilliers, d'Ardun le Roman, Merville, Spada, Saint-Mihiel. En octobre, il rejoint les Flandres. Le colonel de LA TOUR est tué à la couture. Sans, à aucun moment, abandonner ses chevaux, le régiment met pied à terre et combat sur l'Yser à Langemarck, Houtulet, Steenstraete et Nordschoote.

En 1915 c'est l'Artois, secteur de Rivière, puis les lignes de Ransart la Bassée, Neuville Saint Vaast et Lens. En septembre, il rejoint la Champagne dans le secteur de Souain et des Marquises dans la montagne de Reims où un escadron subi une attaque chimique perdant 50 hommes à l'escadron WATTEL.

En 1916, il participe à la bataille de la Somme et à la défense de la tête de pont de Soissons.

En 1917, la 7ème Division de Cavalerie étant dissoute, le régiment est affecté au 2ème Groupe d'Armée Coloniale dans les Vosges, secteur de Badonvillers et à Verdun, secteur du Bois des Chaumes.

En 1918, les escadrons sont affectés à diverses divisions d'infanterie coloniale et combattent dans les secteurs de Chateau-Thierry, de l'Avre, de Moreuil et des Eparges ainsi qu'à la prise de Saint-Mihiel auprès des Américains.

A l'armistice, le régiment part en occupation en Allemagne sur la rive du Rhin.

Durant la guerre, le corps a perdu 11 officiers, 17 sous-officiers, 20 brigadiers et 137 dragons morts pour la France.

Période 1935 - 1940

Le régiment est mécanisé à partir de 1936 et compte 4 escadrons de chars, deux sur SOMUA et deux sur HOTCHKISS, et le 12ème Escadron antichars. Avec le 29ème Dragons, il forme la 3° Brigade Légère Mécanique de la 2ème Division Légère Mécanique.

Faisant partie du Corps de Cavalerie, rattaché à la 1ère Armée, le 25 août 1939, commandé par le lieutenant-colonel JUIN de BAISSE, le régiment est porté dans la région de Châtelet, face à la Belgique puis il est cantonné au Nouvion, et enfin dans la région d'Avesne-sur-Helpe d’où il entre en Belgique pour faire face à l'offensive allemande du 10 mai 1940.

Le 11 mai sur la Méhaigne, au nord de Huy, sans répit, pendant 3 jours, ses escadrons mènent des reconnaissances et attaquent l'ennemi qui tente de traverser la rivière ; après une violente bataille de chars dans les bois de Grand Leez, le 14, il appuie la résistance de l'infanterie à Gembloux. Les jours suivants, mis à la disposition des différentes Divisions d'Infanterie, il couvrira le flanc droit de l'Armée sur la Sambre, par suite du repli de la 9ème Armée. Puis se sont d'innombrables engagements pour dégager les fortifications de la région de Maubeuge, au Fort de Leveau, dans la forêt de Mormal et sur la frontière Belge.

Enfin le régiment participe aux défenses des lignes de la Sensée, des canaux de Pontaverdin et de la région d'Ypres. L’escadron de chars du capitaine de LANTIVY reste à la disposition du secteur fortifié de Dunkerque et le régiment embarque le 31 mai pour l’Angleterre où il ne restera que peu de temps. En effet, reformé dans la région d' Evreux avec un effectif réduit à deux escadrons de chars récupérés à Montlhéry, il combattra, couvrant le repli de l'Armée HERING, à Pacy-sur-Eure, Senonches et la Haye Descartes, s'accrochant au terrain, ne se repliant que sur ordre.

L'armistice le trouve dans la région de Brantôme où il sera dissous, ses éléments formant le 8ème Régiment de Cuirassiers de l'armée de l'armistice.

Pendant la campagne le régiment a perdu 8 officiers, 6 sous-officiers et 40 dragons, il compte, en outre, 347 disparus ou prisonniers, dont l'escadron LANTIVY resté à Dunkerque. 37 chars, soit près de la moitié de ses engins, ont été détruits.

Sa belle conduite au feu vaut au régiment une citation à l'ordre de l'Armée, le 1er Escadron commandé par le Capitaine Georges LESAGE est cité à l'ordre de l'Armée, et l'Escadron antichars, à l'ordre de la Division.

La renaissance 1944 - 1945

Pour conserver les glorieuses traditions du régiment et assurer le regroupement de ses anciens combattants, une association agit clandestinement à Paris pendant toute la période de l'occupation. Animée par MM. Jean JALLOT et François VERNERET, elle a pu faire parvenir chaque année à tous les anciens du régiment un bulletin de liaison, entretenant ainsi l'esprit de corps et la camaraderie qui les avait animés.

C'est en grande partie grâce à cette association que le régiment a été reconstitué : dès la libération, quelques officiers, restés en contact entre eux, apprennent la création d'un noyau de résistance sur des bases militaires de la région d’Orléans et que des chars, en grand nombre, avaient été abandonnés intacts au parc de Gien par les allemands en retraite.

L'idée leur vint de reformer leur ancien régiment !

Après des démarches effectuées auprès des autorités militaires, une décision ministérielle du 7 octobre 1944 reconstituait le 13ème Dragons comme régiment de chars sous les ordres du chef d'escadrons Georges LESAGE (réseau VERMILLON dans la résistance).

A partir du 15 novembre 1944, le régiment réalise l'amalgame des anciens du régiment, des éléments des Forces Françaises de l'Intérieur du groupe LEBRUN, des engagés volontaires et des réservistes rappelés pour former tout d'abord deux escadrons, puis quatre.

Le 1er Escadron (sur chars SOMUA), aux ordres du capitaine d'ABOVILLE, est engagé dès janvier 1945 sur le front de l'Atlantique et repousse une sortie des allemands dans le secteur de La Rochelle.

Le 2ème Escadron (sur chars B1bis) suit un mois plus tard. Ils appartiennent au groupement Sud, commandé par le colonel ADELINE. Le 14, le 1er Escadron contribue à la prise des avant-postes; le 15, le 2ème Escadron s'empare de Saint-Georges de Didonne et pousse ses éléments avancés dans la partie sud de Royan. L'Amiral MICHAELIS, commandant le secteur fortifié de Royan se rend au capitaine VOILLAUME, commandant le 2ème Escadron.

Le 1er Escadron participe avec succès aux opérations du 18 au 20 avril qui amènent la réduction de la défense à la pointe du Grave. Il est encore engagé à l'ile d'Oléron où un peloton de chars traverse sur des radeaux pour libérer l'ile.

Le 2ème Escadron est engagé sous La Rochelle où il entre le premier jour de la capitulation.

Présent en Allemagne comme force d'occupation, jusqu'en avril 1946 date de sa dissolution.

Le régiment est reconstitué en avril 1948 à Alençon, pour être à nouveau dissous six mois plus tard.

Le 13ème régiment de dragons parachutistes

Recréé le 1er octobre 1952, le 13ème régiment de dragons devient parachutiste et est affecté comme régiment de chars de la 25ème Division d'Infanterie Aéroportée (DIAP). Basé au quartier Fayolle et au quartier DROUOT, à Castres. Il est équipé de chars américains SHERMAN – M4, puis de PERSHING – M26 (en octobre 1953) et des tous nouveaux engins français AMX 13 (dès juin 1953). Il s’entraine au terrain du Causse (à 6 km des Quartiers).

Le 6 Juin 1953, le régiment reçoit son étendard, lors d’une prise d'armes au terrain du Causse, en présence des autorités civiles et militaires et de ses anciens menés par M. JALLOT, ancien de 14/18, président de « l'Amicale des anciens combattants du 13ème Dragons », en présence de M. PARIS (également ancien de 14/18) et de MM. LOISEAU et VERNERET pour 39/45.

Après la revue des troupes par le général de corps d'armée JOUSSE, commandant la 5ème Région militaire, accompagné du général de brigade NOIRET, commandant la 25ème DIAP, le Président JALLOT remet symboliquement l'étendard au général JOUSSE qui le confie au lieutenant-colonel Maurice ROLAND, 1er chef de corps du 13ème régiment de dragons parachutistes, qui le remet au lieutenant Noël, porte étendard.

Les chars SHERMAN – M4 et les véhicules à roues, ainsi que des éléments à pied défilent ensuite devant leur étendard et les autorités.

L’AFN

Le 7 septembre 1955, il abandonne son matériel lourd, perçoit des AM-M8 et des jeeps HOTCHKISS et fait mouvement sur l'Algérie aux ordres du Colonel Eric AUDEMARD d'ALANCON laissant le 1er Escadron en base arrière à Castres.

Mis à la disposition de la 27ème Division d'Infanterie Alpine, il s'installe en Kabylie, à Palestro, Dra-el-Mizan, El Asnam et Oued d'Aïssi, puis, plus tard, à Azazga, Freha, Tamda et Cheurfa...

Le 1er Escadron, resté à Castres, rejoint le régiment le 10 juin 1956 et devient 4ème Escadron à pied, les autres étant renumérotés en 1er, 2ème et 3ème Escadrons.

En 1957, le régiment commémorera, le 18 mai, le centenaire de la création des Dragons de l'Impératrice du Second Empire et le 14 juillet de cette même année, une partie du régiment défilera à Paris derrière son étendard.

Le 1er octobre, le régiment est intégré à la 10ème Division Parachutiste, commandé par le Général Massu. En novembre 1958, le régiment perçoit ses FERRET, petites automitrailleuses très adaptées aux combats de pacification qu’il mène contre les rebelles en Grande Kabylie, tout en conduisant une action sociale exemplaire.

Le 22 avril 1959, le lieutenant-colonel POTTIER, chef de corps, par téléphone, convie Son Altesse Impériale la Princesse ALIX NAPOLEON à devenirmarraine des « Dragons de l'Impératrice » et l’invite à assister à la Saint-Georges le lendemain.

Elle accepte immédiatement de grand cœur et le 23 avril, en présence du général GILLES, commandant les troupes aéroportées en Algérie, du général GRACIEUX, commandant la 10ème division parachutiste (à laquelle le 13 appartenait) et le général FAURE, commandant la 27ème Division d’infanterie Alpine (à laquelle il était détaché), renouant avec la cérémonie de 1857 sur le Champ de Mars devant l’Impératrice Eugénie, le 13ème régiment de dragons parachutistes est présenté à sa Marraine sur la DZ de Fréha lors d’une cérémonie où, les Fellagha ayant piégé la zone, elle connaitra un baptême du sang où le sous-lieutenant STOLZ est tué sur le coup et plusieurs dragons blessés.

Un an plus tard, le 24 septembre 1960, lors d’une émouvante prise d’armes en présence du général commandant la zone Est algérois (ZEA), dans la petite ville d’Azazga, après cinq années passées en Grande Kabylie – berceau de la rébellion -, où il n’a ménagé ni sa peine ni son sang dans sa besogne quotidienne, le 13ème régiment de dragons parachutistes fait ses adieux à un secteur d’Algérie où il s’est tant investi. L’émotion est intense ! Tous, Européens et autochtones, savent ce qu’ils doivent aux dragons du 13.

Une page de l’histoire du régiment se tourne.

En effet, pendant ces années, les paras du 13ème RDP ont rempli une bien délicate mission.

Celle-ci a d’abord consisté à poursuivre implacablement les bandes rebelles implantées dans les djebels et à détruire systématiquement l’organisation politico-administrative du FLN : ils ont neutralisé près de 800 rebelles, récupéré 400 armes au cours de milliers de patrouilles et d’embuscades de jour et de nuit, tant à pied qu’en blindés.

Parallèlement, leur œuvre quotidienne de pacification a permis de scolariser 1.300 élèves, de soigner des milliers de personnes, de construire des centaines de mètres carrés au profits des 10.000 hommes, femmes et enfants du douar Zekri, du village d’Oumzizou, de l’Hendou, d’Iril-Bouzel, qu’ils ont successivement ralliés et défendus.

En quittant la Kabylie, à l’automne 1960, le régiment rejoint la 10ème DP et se réorganise en 4 escadrons de 2 pelotons de FERRET et 2 pelotons portés pour devenir régiment de réserve générale.

Deux ans plus tard, suite au terme des opérations, il rentre à Castres le 25 août 1962 où il est réduit à trois escadrons et un ECS.

Durant la guerre d'Algérie, le régiment aura perdu 3 officiers, 15 sous-officiers et 66 dragons et aura eu 365 blessés.

13ème RDP, régiment interarmes de renseignement

Le 1er Juillet 1963, par décision du général LE PULLOCH, CEMAT, le 13ème RDP est transformé en « régiment de recherche à participation interarmes ». La 7ème Compagnie commando (compagnie expérimentale de renseignement à longue distance créée en 1960) lui est incorporée et ses cadres, anciens des GCMA d'Indochine comme ceux venus du 11ème bataillon de choc (dissous an décembre 1963) lui apporteront leurs connaissances de l’action spéciale avec ses procédures de vie sur les arrières comme en radiographie et codage des messages.

Le 5 juillet 1963, il reçoit l'ordre de s'installer à Dieuze en Lorraine et retrouve les Marches de l'Est où, jadis, ses lointains anciens se sont illustrés. Le régiment devient interarmes et directement relié au plus haut niveau du commandement. Il est scindé en deux parties, avec une portion centrale à Dieuze (en Moselle) et le 2ème escadron à Langenargen (sur les bords du Lac de Constance) en Allemagne.

Pendant ces premières années, on doit souligner l’enthousiasme, la disponibilité, la cohésion et les efforts incroyables déployés par les personnels qui, dans des conditions inimaginables (le gymnase de la Moskova était un dortoir), reconstruisent une infrastructure en ruine tout se formant à cette nouvelle mission où tout est à inventer !

En 1965, un dossier sur le rôle du corps d’armée et de la division précise la mission d'un escadron de recherche adapté au corps d'armée.

L'utilisation des ondes ionosphériques à une distance de 4 à 500 km est confirmée avec les nouveaux postes radios et des expérimentations à longue distance (Afrique noire).

En 1968, la Commission consultative permanente sur « le renseignement en campagne », précise la doctrine d'emploi du régiment au niveau du Théâtre d'opération (TTA 187). Les accords AILLERET-LEMNITZER envisagent l'engagement - non automatique - du 2ème Corps d'armée, comme réserve au profit de la défense de l'avant adoptée par l'OTAN. Pierre MESSMER, ministre des armées et le général Massu, dont le colonel Alain BIZARD était très proche, soutiennent l'installation du régiment de façon déterminée.

En 1972, la 1ère Armée est créée et le 13ème RDP est alors mis « pour emploi » à sa disposition. Conformément aux accords VALENTIN-FERBER de 1975, elle devient la première réserve du Théâtre Centre-Europe de l’Alliance.

Ainsi est-on passé du renseignement tactique au renseignement stratégique, et du commando de recherche divisionnaire au régiment de recherche à la disposition de la 1ère  Armée.

Les évolutions ultérieures découlent de cette constatation.

Ce « système 13 » est un « système de systèmes » : il relie les fonctions « recueil », « traitement » et « diffusion » du renseignement par l’essentielle « acheminement » où la maîtrise des transmissions par haute fréquence contribuera à la réputation du régiment. Cette chaîne est d’une grande souplesse et ne cessera de s’adapter aux techniques les plus nouvelles pour répondre aux évolutions du contexte d’emploi.

Un état d’esprit très solide s’établit, empreint d’humilité et de discrétion. Il est et reste notre référence commune à travers les générations qui ont servi au « 13 ».

Le régiment, par un entrainement d’une grande exigence, dont les fleurons sont les fameuses « Eugénie[2] » va, année après année, voir l’outil murir et sa capacité s’affirmer.

Sur cette base, des équipes peuvent être engagées dans de nombreuses autres configurations, en particulier dans les opérations extérieures en Afrique (Mauritanie, Tchad, RCA, Kolwezi…).

En 1975, chef du 2ème Bureau CCFFA, le colonel FAIVRE obtient le détachement de deux jeunes sous-officiers du « 13 » à la MMFL (mission militaire française de liaison), dite de « Potsdam », car basée à proximité de Berlin comme conducteurs en zone d'occupation soviétique. D’autres cadres plus anciens y seront mutés comme « officiers de liaison » ou « observateurs ». Jusqu’à la chute du Mur de Berlin, ils rendront de très précieux services tout en accumulant une expérience concrète qui viendra enrichir celle du régiment !

A partir de la fin des années 70, les progrès de la technologie, en particulier de l’informatique, viennent très substantiellement accroître les capacités du régiment.

Ce seront, pas à pas :

- en 1978, un nouveau système de transmissions avec l'arrivée du TRTG-2B, poste radio dont le codeur permet d'envoyer les messages en "burst", en morse mais à grande vitesse, donc compressés ; à la réception, un ordinateur, le MITRA 15 déchiffrait les messages, qui auparavant nécessitaient le travail fastidieux de deux équipes d'une dizaine de dragons ;

- dès 1984, un nouveau système d'exploitation des messages (SATRAPE) est mis au point : jusqu’à lors, les messages des équipes sont analysés par la cellule renseignement dont l’outil essentiel était un grand tableau de papier où les informations étaient collationnées en ordre chronologique ; on utilise désormais des ordinateurs pour traiter automatiquement les messages des équipes et construire ce tableau d'aide à l'analyse du renseignement ;

- en 1986, mise au point d'un nouvel outil d'analyse du renseignement avec des moyens d'intelligence artificielle (SARPIA - Système d'aide au renseignement par intelligence Artificielle) : avec le souci permanent d’un renseignement fiable mais produit dans les meilleurs délais, un logiciel d'analyse du renseignement, basé sur des outils d'intelligence artificielle, traite les informations des équipes en relation aux bases de données disponibles ;

- avec la fin de la Guerre Froide, la mission du 13ème RDP s’élargit : il faut maintenant être en mesure de traiter des informations de plus en plus diverses et de pouvoir exploiter des bases de données de plus en plus volumineuses ; dès 1992, le régiment pose les bases du système GRANITE, système qui évoluera sans arrêt pour devenir aujourd'hui le SAER-C (Système d’aide à l’exploitation du renseignement - convergé), utilisé dans toutes les cellules renseignement de l'armée de terre ; le 13ème RDP est et reste pleinement engagé dans l’étude et l’expérimentation des futurs outils en la matière.

Depuis, les progrès considérables de la numérisation de la photo, le durcissement de l’électronique qui permet d’employer des appareils sophistiqués dans de très rustiques conditions, les techniques de transmissions par saut de fréquence, les communications par satellites, les émissions brèves cryptées en ligne… sont autant d’évolutions qui enrichissent la panoplie du régiment.

Toutefois, aujourd’hui encore, sa maitrise de la radiographie reste une référence à laquelle nombre de nos unités « soeurs » envoient leurs spécialistes se former à cette une rude école !

Et puis, par exemple, sous la canopée équatoriale, la « graphie » est le seul moyen qui passe…

Après la « guerre froide »…

Dans les années 90, les lendemains de la première Guerre du Golfe voient la création du Commandement des opérations spéciales (COS), de la Direction du renseignement militaire (DRM), et de la Brigade de renseignement et de guerre électronique (BRGE) pour l’armée de terre. Lors d’une visite au régiment, Pierre JOXE, ministre de la défense, annonce à Dieuze une partie des mesures prises. Il fût d’emblée question avec le général LE PAGE, à qui est confiée la mise sur pied du COS, de mettre à sa disposition une capacité renseignement « labellisée FS » (Force Spéciales). L’idée germe aussitôt mais prendra racine dix ans plus tard...

Ainsi, prioritairement à la disposition de la DRM, le « 13 » est, de fait, dans le « vivier » du COS. Le régiment a toujours su répondre à cette dualité : autrefois l’EMA, pour les missions particulières, et la 1ère Armée, dans le cadre d’un engagement potentiel en Centre-Europe, et aujourd’hui la DRM et le COS.

Progressivement, à l’expérience des engagements avec les autres unités du COS (Commandos Marine, Forces Spéciales Air), les rôles respectifs du 13ème RDP et du 1er RPIMa

[2] Exercices interalliés où, chaque année pendant la Guerre Froide, lors du déploiement de grandes unités américaines, dont les personnels sont amenés en avion des Etats-Unis, équipés dans les dépôts du Nord-Ouest de l’Allemagne et déployés à la frontière interallemande pour tester un des plans de l’OTAN, permettant ainsi au « système 13 » de se déployer en grandeur nature.

[3] Le 1er régiment parachutiste d’infanterie de marine est, de 1981 à la création du COS au début des années 90, le régiment des « URCA », Unités de recherche de corps d’armée, dont la création a été proposée au CEMAT le 26 octobre 1977 par le général RICHARD,commandant les FFA : en effet, suite à l’étude du général FAIVRE sur la recherche dans la profondeur et après expérimentation au 2/1er RHP dans les années 70, les URCA ont été créées en 1981 à Bayonne ; aujourd’hui, cette mission « entre unités au contact et 13 » a été reprise à la fin des années 90 par le 2ème régiment de hussards, régiment renseignement de contact de la Brigade de renseignement.

Les traditions ont une grande place au sein du "13"

Son insigne régimentaire, appelé aussi "impératrice" fut créée et choisi par l'ensemble des officiers du colonel Juin de Baisse en 1939. Sa réalisation fut confié à la maison Arthus-Bertrand. La guerre et la dissolution du régiment qui s'en suivi firent que l'homologation de celui ci n'eut lieu que le 24 janvier 1953 (N° G983) à la demande du colonel Roland commandant le 13ème RDP.

 

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